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Le projet ECOARTE, est une oeuvre ambitieuse et longuement mûrie que l'on doit à Mme María Novo, consultante auprès de l'UNESCO, titulaire de la chaire UNESCO d'éducation pour l'environnement et collaboratrice de longue date de notre Organisation.

La personnalité de María Novo combine si bien la sensibilité artistique et l'esprit scientifique qu'il a dû lui être relativement naturel – ce qui ne veut pas dire facile – de mener à bien cette réflexion sur les interfaces entre l'art et la science car l'idée d'un tel dialogue fait partie de son activité mentale même, comme le besoin de faire appel à toutes ses ressources pour interpréter le monde selon la méthode scientifique mais aussi en fonction de ses intuitions et de son imagination.

Si l'UNESCO s'intéresse tout spécialement au projet ECOARTE, c'est qu'il présente certains aspects prémonitoires de ce qui sera selon nous l'une des lignes de force du XXIe siècle : l'élimination des frontières, réelles ou imaginaires, le brassage des individus, des cultures et du savoir, la rencontre des langues et des cultures, l'acceptation de l'unité dans la diversité … Depuis 1986, María Novo travaille précisément dans cette direction en s'efforçant de concilier ce que la science et l'art nous enseignent sur cet univers qui exige de nous de nouvelles approches. Par le biais de la poésie et de la peinture, elle fait passer dans son oeuvre des concepts scientifiques qui deviennent ainsi accessibles à un public élargi et en même temps enrichis d'une incontestable force esthétique, car les formes qu'elle choisit pour les exprimer les chargent de connotations multiples qui leur donnent une grande capacité d'évocation.
C'est dans la perspective de cet avenir et de ce qu'il nous réserve qu'un projet comme ECOARTE me paraît avoir toute sa place au sein de notre Organisation. Par son potentiel novateur, par les perspectives nouvelles qu'il ouvre, il me paraît s'intégrer tout à fait à notre actino.

Gustavo López Ospina. UNESCO.

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L'expérience humaine de María Novo rejoint le parcours de tant de scientifiques qui se sont tournés vers l'art pour pallier l'insuffisance de la pensée purement analytique. Mais sa trajectoire est aussi celle des artistes qui se tournent vers la pensée scientifique pour transcender l'expérience quotidienne. D'où son obstination à rechercher les moyens d'intégrer les enseignements de l'art et de la science.

L'ordre et le chaos, le hasard et la nécessité, le temps et l'histoire, ces grandes questions de la science contemporaine, María Novo crée un monde pour les accueillir avec des titres qui disent bien ce qu'ils veulent dire "Nous fluctuons entre l'ordre et le chaos", "la flèche du temps" ... Nous arrivons ainsi au point où la science est confrontée au caractère imprévisible des systèmes aléatoires, ce qui amène notre artiste à adhérer aux hypothèses et aux interrogations des Prigogine, Murray Gell?Mann, Laszlo ou Morín parmi tant d'autres penseurs contemporains.

Une très belle toile de María a pour titre "Vivre en autogestion : les structures dissipatives". (On sait que Prigogine, qu'elle reconnaît comme l'un de ses maîtres à penser, a élaboré le concept de "structures dissipatives" pour expliquer la capacité d'auto?organisation des systèmes ouverts.) Et María conclut : "Nous incarnons l'âme de cet ordre profond qui contient en lui toutes les forces du désordre". C'est cela qui nous interpelle et qui illumine nos rêves. "Ce qu'il ne sert à rien de vouloir ignorer." Je ne connais pas de plus poétique manière d'exprimer une théorie scientifique.

Luz Pozo Garza. Académie Royale de Galice.

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Octavio Paz prévoyait que le problème majeur du siècle qui commence serait d'assurer la survie de l'espèce humaine. Lui?même, rejetant les recettes éculées et archaïques, appelait de ses voeux un mode d'existence basé sur l'imagination et la faculté de découvrir les similitudes cachées entre les objets les plus différents en apparence.
L'oeuvre de María Novo s'inscrit résolument dans cette perspective. Elle crée des images suggestives et réussit la coexistence harmonieuse de différents modes d'expression au service d'une réflexion assidue et passionnante. Son projet révèle toute la complexité de ce que Zubiri a appelé l'intelligence sensible, une forme de réflexion fondée sur les émotions qui associent la métaphysique et l'expérience de tous les jours.

Le projet ECOARTE tend vers ce point de l'infini où les démarches jusqu'ici parallèles du chercheur et de l'artiste se rejoignent dans la quête d'un humanisme transcendental. Ce résultat passe par la résolution des contradictions en empruntant le chemin de l'unité. Comme dans le Tao ("ce qui est en haut repose sur ce qui est en bas"), il faut savoir retrouver en chacune des parties (microcosmes) le tout auquel elle appartient (cosmos) et qu'elle reproduit dans des proportions identiques.

Marta Pastor. Architecte. Commissaire de l'exposition.

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Par ses contenus, Ecoarte réunit une forte triade de concepts et de défis qu’il faudra à l’être humain affronter au vingt-et-unième siècle : environnement, science et art. Concepts, par ailleurs, dictant les choix stratégiques de l’œuvre sociale de la Caja de Ahorros del Mediterráneo.

L’enjeu pour la science et pour l’art est d’exprimer la crise environnementale que traverse l’humanité, de mener des investigations en profondeur, de formuler d’autres visions, d’autres propositions. L’art devient ainsi espace de liberté, contribuant à la connaissance de notre milieu naturel et permettant d’imaginer des mondes possibles.

Avec ses tableaux, ses poèmes, son discours, avec sa sensibilité exquise, María Novo nous dit que la crise environnementale qui frappe notre planète est un défi posé à la réconciliation, au travail en commun, à l’alliance des scientifiques et des artistes.

Carlos Mateo. Caja de Ahorros del Mediterráneo.